18 janvier 2009

Dans la mer prodigieuse ...

    Le magazine GEO consacre son numéro de janvier au Sénégal, avec notamment un grand article sur le Sine-Saloum, cette région baignée par le fleuve Saloum, où les ressources en poisson se raréfiaient du fait d'une pêche intensive et non réglementée. En 2004 une "Aire Marine Protégée" a été créée avec l'appui des villageois et 16 km de fleuve fermés à la pêche. Depuis, les ressources en poisson se sont plus que reconstituées.

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Le delta du Saloum, que l'on sillonne en pirogue, est occupé par une myriade de petites îles couvertes de végétation, où nichent toutes sortes d'oiseaux : martins-pêcheurs, grues, pélicans, flamants roses ...

Plus au nord, c'est Joal, village de pêcheurs où naquit Léopold Sedar Senghor. Près du port, le poisson est mis à sécher sur de grandes claies et scintille au soleil. Au marché, les escargots de mer voisinent avec les soles et les mérous ; chacun s'affaire, négocie, palabre, fait admirer le produit de sa pêche.

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Sans doute est-ce d'ici que Senghor s'émerveilla face à "la mer prodigieuse où fleurissent tous les poissons" ...

23 décembre 2008

Portraits sénégalais

      Hier, en faisant un grand rangement d'avant Noël, j'ai remis la main sur les planches que j'avais exposées à la Biennale du Carnet de Voyage en 2007 ; me refusant à démantibuler mon "Carnet sénégaulois" (que les visiteurs pouvaient feuilleter par ailleurs) et ne voulant pas exposer des photocopies, j'avais reproduit certaines pages, en plus grand et en y ajoutant quelques portraits ...

 Un élégant passager, rencontré sur la chaloupe qui mène de Dakar à Gorée :

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Au village de Ndiarogne, en pays sérère, seules les femmes semblent travailler ; elles pilent le mil, portent des seaux ou des bassines, courent après les enfants :

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Les hommes restent invisibles, sauf l'instituteur, Raphaël Marie Diouf, qui nous accueille dans sa classe. Sur le tableau noir, les enfants lisent :

RI - GO - LE ---> RIGOLE          PI - RO - GUE ---> PIROGUE

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 Avec une application touchante, les écoliers nous chantent A la pêche aux moules. Pour les remercier, nous entonnons A la claire fontaine !

 

07 décembre 2008

Sur la route de Dakar ... un exercice d'écriture automatique


      Contrairement aux embouteillages parisiens, les bouchons dakarois sont du pain béni pour le carnettiste, qui ne sait plus où donner de la tête ... et des yeux. Toutes sortes de véhicules, venant de Saint-Louis, de la Petite Côte, de Mauritanie, du Mali ou de Guinée-Bissau convergent vers la capitale sénégalaise : taxis-brousse portant, à l'avant, le nom d'une confrérie ou d'un marabout, "bus-rapides" bondés et bariolés, transportant même des passagers sur le marchepied arrière (seule façon de mettre une bonne quarantaine de personnes dans un véhicule à trente-cinq places), Mercedes avec chauffeur, pick-up Peugeot, vélomoteurs trafiqués ... Des vendeurs ambulants sillonnent la route pour proposer des journaux, des paquets d'arachides, des sachets d'eau ou du liquide de frein, dans de petites bouteilles jaunes.

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003.JPGLes bouchons sont aussi l'occasion de s'adonner à un amusant exercice, celui de l'"écriture automatique" ; le principe est de noter, sans réfléchir, tout ce que l'on voit, en l'occurrence des publicités et enseignes de commerces des plus variées : 
    
IMPRIMERIE DU TROISIEME MILLENAIRE, VITALAIT Idéal pour le lait caillé, une chèvre sur la galerie d'un bus, ECOLE CORANIQUE AL-JAWZIAH, SOCIETE AFRICAINE DE RAFFINAGE, Magasin de ventes TOUT POUR L'AGRICULTURE, SYBEL COSMETICS, un coiffeur en plein air au bord de la route, DIACK SAO pièces détachées, A.S.A. Agence de Sécurité Africaine, Poudrière de l'Armée Française, des montagnes de cacahuètes, SONACOS Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal, GRANDS MOULINS DE DAKAR ...
 
   Et pour finir, un commentaire de Babacar face à l'action de la maréchaussée dans les embouteillages : "un gendarme, c'est comme une cocotte-minute, quand ça siffle, c'est cuit !"

03 décembre 2008

Envie d'Afrique : le café Luxembourg de Mbour

     Le froid qui s'est installé sur Paris me donne envie de vous faire partager quelques pages de mon "Carnet sénégaulois" ...

002.JPGCe jour-là, notre chauffeur de taxi est intrigué par mon souhait d'aller au "Café Luxembourg", à Mbour, le port de pêche voisin. Pourquoi donc quitter un hôtel tout confort pour aller déjeûner dans un boui-boui au bout d'une piste, se demande-t-il. Mais le client est roi : en avant !

 Une route bordée de quincailleries et de vendeurs de pièces détachées automobiles nous mène jusqu'aux faubourgs de Mbour. Nous gagnons le centre-ville par un dédale de pistes encombrées de charrettes, de carrioles et de chèvres. J'ai tout loisir de lire les enseignes : "Dibiterie le Saloum", "Terenga Couture - Coupe sur mesure", "Ets photocopie Ndao - Croyons en Dieu le Miséricordieux " ...

Enfin, le taxi s'arrête à un carrefour où s'ébrouent quelques biques. Nous y sommes. Le "café Luxembourg" n'a ni enseigne, ni vitrine ; son entrée est matérialisée par deux bouts de tissu bleu, en guise de porte.

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"Prenez place !" nous lance cérémonieusement le patron en désignant des tables revêtues d'une toile cirée fleurie. Pas de clim bien sûr, ni de ventilateur, mais il fait étonnamment frais. Au mur, le calendrier de la "pharmacie Soleil" avertit : "les médicaments de la rue tuent !" et des petites annonces proposent des terrains à vendre ou des 4*4 japonais. Nous nous partageons une "Gazelle" - la bouteille fait 63 cl ! - ; notre chauffeur, Sidy, préfère un Coca.

  Des hommes ne cessent d'entrer et de sortir du Café, certains une bouilloire à la main. On nous apporte en même temps l'entrée et le plat, des portions impressionnantes de crevettes sautées à l'ail et de tiéboudiène, le riz au poisson - plat national sénégalais -. Nous terminons par un thé à la menthe. Sidy nous attend au bar, plongé dans une espèce de léthargie ... A quoi bon quitter le Café Luxembourg ?

 

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